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dimanche, juillet 31, 2016

Robert Plant -Festival Beauregard 2016 (02/07/2016)


Bon, je sais bien que tout cela va sentir légèrement le réchauffé, un mois après l'événement, mais j'avais le choix (mais, l'avais-je vraiment ?) entre écrire rapidement cette chronique et partir pour deux semaines et demie sur les côtes ensoleillées de la Mer Égée,  descendre des cocktails nocturnes (pour moi, "Fanta Orange, merci" ),  et  visiter les monastères chrétiens bien qu'orthodoxes d'une île de Grèce.

Ceci étant dit, il y a huit ans déjà, qu'à quelques kilomètres de chez moi, sur le 1er week-end de juillet, se déroule le festival de Beauregard.
Je ne m'y étais jamais rendu malgré les quelques grosses têtes d'affiche qui y ont déjà arpenté les planches : Motorhead, ZZ Top et même les Scorpions germaniques l'an dernier. Je suis devenu trop vieux pour ce genre de festivités et rien qu'à l'idée de rester  des heures debout, à attendre au milieu d'une foule interlope, les différents intervenants musicaux, ma bedaine (qui nécessite maintenant un peu plus de place qu'avant !) baisse la tête et regarde encore plus mes pompes qu'à l'habitude.

Mais, le millésime 2016 (v'là que je me mets à causer comme les Inrocks, maintenant ! j'vais pas tarder à m'prendre un procès !), m'a obligé à mettre un mouchoir sur mes peurs et à sortir ma philanthropie notoire de mon pavillon bourgeois.
Robert Plant, rien que ça, avait décidé de venir fouler de ses pieds légendaires, ma  terre d'adoption (au moins celle où je laisserai mes os !), cette Normandie, bien plus verte que le groupe EELV de l'Assemblée Nationale et surtout beaucoup plus calme.

La foule, dont je parlais quelques lignes plus haut, n'a pas vraiment changé par rapport à celle des mes 20 ans : y'a toujours autant de gens complètement bourrés qui ont payé une place de concert et qui n'en verront pas une seule minute, autant de gens, arrivés à la bourre et qui fendent l'assistance, à coup d'épaule, pour atteindre les premiers rangs, sans que finalement, personne ne leur dise quoique ce soit...rien de neuf, quoi...ah ! si ! pas loin de moi, une femme bien mûre qui s'intéressait vraiment beaucoup aux attributs d'un gars qui avait la moitié de son parcours...ça, ça n'existait pas au temps grisés de mon adolescence ou alors j'en ai pas vue...de toute façon, qu'est-ce que j' aurais bien pu bien faire...j'm'en sortais déjà pas trop avec celles de mon âge...

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Dans le public de Beauregard, y'a toutes les générations, mais, une chose est bien claire; les gens sont venus voir l'ancien chanteur de Led Zep et pas Robert Plant. Quelques brefs échanges me permettent de comprendre que pour beaucoup le parcours solo du chanteur est aussi nébuleux qu'une politique gouvernemantale.

Quitte à me fâcher une fois de plus avec les "Zeppelinologues", je dois bien avouer que mon image de Plant sur scène, était encore, avant le concert, celle d'un éphèbe blondinet à la voix exceptionnelle, un peu gauche et donnant l'impression de parfois, se demander ce qu'il pouvait bien faire au milieu d'un groupe de rock.

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Bon les lumières s'éteignent (comme les Athéniens) , les Space Shifters entrent et nous offrent une intro de concert traditionnelle, à savoir, une suite d'accords pour la plupart majeurs (je vous dis ça, à l'oreille, hein !) surpuissants et qui descendent tout naturellement vers le riff de "I Can't Quit You, Baby"...c'est bien évidemment le moment que choisit Robert Plant pour faire son entrée...et alors, là...la grande classe...bien avant qu'il ait commencé à chanter, on sait déjà qu'on a affaire à un monstre sacré...un regard perçant, un sourire carnassier avide d'avaler tout cru un public qui ne demande qu'à se faire grignoter ("Allez les Bleus" furent ses premiers mots prononcés en français - à ce moment là, ça voulait -encore- dire quelque chose...alors que maintenant !).

C'est parti pour une petite heure (seul point noir de la soirée, la brièveté de la prestation!) de ravissement sans cesse renouvelé; un savant mélange entre les titres du dernier album de l'artiste (et des Sensationnal Space Shifters) Notamment l'excellent "Oh, Maggie"-20 %- et des classiques de Led Zep -80 %- et que voilà "Black Dog", "The Rain Song", "Dazed & Confused","Baby I'm Gonna Leave You", "Since I've Been Loving You", le set se terminant par une version décapante de "Whole Lotta Love".
Et c'est là que réside la force de la prestation. Plant ne cache plus depuis de nombreuses années son intérêt pour la World Music et à parfaitement réussi à revisiter ces pièces quasi-sacrées du rock en les ornant de percussions africaines inédites sans en gommer la magique essence.
A noter la parfaite participation de Juldeh Camara qui parfume de ses instruments traditionnels l'ensemble du set, rivalisant sans complexe, avec les deux guitares lead.
La nuit tombée, "Rock'n'Roll" , joué en rappel et traité à la même sauce que le reste du répertoire, clôt un de ces moments hors du temps et qu'on est bien content d'avoir traversé.
Je ne sais pas, si le temps me permettra de croiser à nouveau, cet excellent ensemble...ce qui est sûr, c'est que si cela ne se fait pas, ce ne sera certainement pas de ma faute...et cette fois là, tu seras là...même si je dois venir te chercher !


1 commentaire:

Hard Round Tazieff a dit…

T'aurais pu m'inviter salopard !

My cat listening Steve Vai

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