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samedi, novembre 07, 2015

Hollywood Vampires

On va faire l'intro par un commentaire du FIGARO (C) du 25:09/2015 qui fusille le CD pour vous mettre en appétit : TRIBUNE - L'interprète de Pirates des Caraïbes et le célèbre chanteur de hard rock ont sorti leur premier album, majoritairement constitué de reprises de classiques. Un massacre qui relève du crime contre l'humanité. Une leçon OFFERTE ! Apprenez une nouvelle langue, facile et efficace Je me lance Certaines choses feraient parfois mieux de rester confinées à la sphère privée. Car, que l'on parle de la sex-tape de Kim Kardashian ou de l'album éponyme du groupe Hollywood Vampires, ce n'est pas parce que cela se déroule entre adultes consentants qu'il faut nécessairement l'infliger au reste du monde. Mais, direz-vous, qu'est-ce diable qu'Hollywood Vampires? Un «supergroupe» fondé par Alice Cooper, Joe Perry et Johnny Depp, à l'origine comme un projet un peu fun, pour s'amuser entre potes, et qui a, business oblige, donné lieu à un album. Enfin, un album... parlons plutôt d'une suite de viols auditifs, de massacres de classiques - qui n'avaient rien demandé à personne, bien peinards, lovés au chaud dans leur légende. Car oui, il s'agit bien d'un album de reprises. Composer des chansons? Et puis quoi encore? Au programme, donc, une intro signée Christopher Lee (sa dernière apparition sur disque), une dispensable composition intitulée Raise The Dead (mais foutez-leur la paix, ils sont très bien à leur place, les malheureux!) et commence la boucherie. My Generation de The Who, à l'origine élégamment exécutée par ces sauvages mods, se retrouve affublée d'une production hard-rock moderne clinquante et pompier, aussi bling-bling et vulgaire que le mobilier de Saddam Hussein. Keith Moon, le seul de la bande à avoir honoré sa promesse de «mourir avant d'être vieux», a eu le nez creux de ne pas s'éterniser ; au moins il échappe à ça. Et tout le reste est à l'avenant: infliger à T-Rex ou The Small Faces une production stéroïdées ricaine, qui empile les guitares jusqu'à la nausée, relève du crime contre l'humanité. Chœurs clinquants, faux groove trop propre, rien d'excitant… Une ribambelle de noms alléchants Évidemment, pour ne rien arranger, Hollywood Vampires ramène une ribambelle de guests venus cachetonner: Paul McCartney (toujours dans les bons plans après ses duos avec Kanye West), Robby Krieger (qui n'a définitivement aucun respect pour l'héritage de The Doors), Dave Grohl et son sourire Colgate, l'inévitable Slash, ou encore Brian Johnson, qui vient massacrer de ses couinements de chat aux couilles coincées dans une porte une abominable version de School's Out (salaud d'Alice Cooper! En plus de tabasser les enfants des autres, il bat les siens!), affreusement collée dans un ignoble medley à Another Brick In The Wall. L'horreur! La boursoufflure! En bref, un paquet de «beaux» noms bazardés ensemble. Pour sortir ça? Quant à la dernière chanson, seule autre composition du disque et intitulée My Dead Drunk Friends... Avec des hommages pareils, heureusement qu'ils sont morts, et on leur souhaite de le rester. Le pire dans tout cela étant que l'album marchera et sera encensé par la presse généraliste, qui de nos jours officie plus dans le publi-reportage que dans le journalisme honnête. Mais ce n'est pas pour la qualité de ses chansons que l'on parlera du disque, non, mais tout bonnement à cause des noms associés au projet, qu'il est interdit de critiquer. Haro sur les mauvaises langues! Mort aux blasphémateurs! Nous sommes entrés dans une ère où la musique passe au second plan derrière l'idolâtrie des artistes, et il paraît impensable que des «légendes» puissent sortir quoi que ce soit de médiocre. Pas touche aux grands, malheureux! Souhaitez-vous l'excommunication? On se doit d'applaudir à tout rompre devant le moindre caprice de vieillards confinant à la sénilité qui décide d'infliger ses délires au monde entier (coucou David Gilmour!). Que Johnny Depp se pique de faire de la guitare et de s'amuser avec ses copains célèbres, très bien. Chacun a le droit à ses hobbies, surtout en vieillissant. Pour certains, c'est le bingo, et pour d'autres, devenir une rockstar. Mais, par pitié, pas besoin d'aller vendre ça aux masses laborieuses, qui ont déjà bien assez de soucis! Il y a quelque chose d'un peu ignoble à offrir au public une horreur pareille, joliment marquetée, emballée dans un joli papier cadeau de noms alléchants.

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 Je reviens sur le post. Personnellement moi hymself j'ai acheté ce CD et je le trouve plus que convenable. Certes, c'est pas la sortie officielle d'un album attendu depuis des lustres, mais je trouve que cette réunion de vieux tocards du hard se sont bien marrés pour pondre cet opus. Johnny Depp connait pas ? Un jeune guitariste rythmique ? je le verrais mieux comme acteur, il a le profil d'un
barbe bleu.
 

 Et comme c'est bientôt Noêl... le concert Full. Merci qui ? Merci HRT !
 

3 commentaires:

RanxZeVox a dit…

Je suis assez d'accord avec l'analyse, quoiqu'un peu plus modéré. Ce disque est juste parfaitement anecdotique et relativement ennuyeux. La promo qui mise tout sur la nostalgie ambiante est par contre assez puante (même pour un vieux fan d'Alice Cooper comme moi). Johnny Depp est désespérant depuis fort longtemps maintenant, son complexe de Peter Pan associé à cette de volonté de vivre la vie des autres en font un personnage assez abjecte.
Les Hollywood Vampires resteront toujours Keith Moon, Lennon et toute cette clique qui eux ont vécu le truc plutôt que d'écouter le survivant du lot raconter l'histoire autour d'une tasse de camomille.

Hard Round Tazieff a dit…

Whaoouuu !
Ranx balance sec !

Budgie a dit…

Je suis d'accord avec Ranx et (glup !) le Figaro (argh !). Cet album est navrant de bout en bout, et sent le vieux projet réchauffé qui massacre de grands morceaux de l'Histoire du Rock. Ce n'est pas tout d'avoir du pédigree et des bonnes chansons, il faut ici être capable de constituer un vrai groupe et de donner de la personnalité à la musique. Il y a comme une forme de réécriture de l'Histoire du Rock qui est embarrassante. Il restera heureusement tous les albums des groupes originaux pour ne pas oublier ce qu'est la vraie musique. En tout cas, si aujourd'hui cet album est la sainte Bible du Rock (dixit Rock'n'Folk, disque du mois et tout, hallucinant), il y a de quoi se faire du souci. Ce groupe aurait dû rester ce qu'il était au départ : un truc pour vieux rockers qui avaient envie de jouer dans les bars et boire des coups gratos (pour ceux qui peuvent encore bien sûr).

My cat listening Steve Vai

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